Nafeez Ahmed : L’effondrement du Venezuela est une illustration de la façon dont l’âge du pétrole va se désintégrer

« Le pétrole ne s’épuise pas, en fait, il est partout — nous en avons plus qu’assez pour faire frire la planète. Mais à mesure que le marché du pétrole facile et bon marché a plafonné, les coûts de production ont grimpé en flèche. En conséquence, le pétrole le plus cher à produire est devenu de moins en moins rentable.
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Ce changement mondial ne signifiait pas que le pétrole s’épuisait, mais que nous devenions de plus en plus dépendants de formes plus difficiles et plus coûteuses de pétrole et de gaz non conventionnels. La meilleure façon de comprendre ce changement est de recourir au concept de Taux de Retour Energétique (TRE), mis au point principalement par le professeur Charles Hall, spécialiste de l’environnement à la State University of New York, un rapport qui mesure la quantité d’énergie utilisée pour extraire une quantité particulière d’énergie d’une ressource. Hall a montré qu’en consommant des quantités d’énergie de plus en plus grandes, nous utilisons de plus en plus d’énergie pour le faire, laissant moins “d’énergie excédentaire” à la fin pour soutenir l’activité sociale et économique.

Cela crée une dynamique contre-intuitive — même si la production augmente, la qualité de l’énergie que nous produisons diminue, ses coûts sont plus élevés, les profits de l’industrie sont réduits et l’excédent disponible, pour soutenir la croissance économique continue, diminue. A mesure que l’énergie excédentaire disponible pour soutenir la croissance économique est comprimée, en termes réels, la capacité biophysique de l’économie à continuer d’acheter le pétrole même qui est produit diminue. La récession économique (en partie induite par l’ère précédente de flambée des prix du pétrole) interagit avec le manque d’accessibilité du pétrole, entraînant l’effondrement des prix du marché.

Cela rend les projets pétroliers et gaziers non classiques les plus coûteux potentiellement non rentables, à moins qu’ils ne puissent trouver des moyens de couvrir leurs pertes au moyen de subventions externes, telles que des subventions gouvernementales ou des lignes de crédit prolongées. Et c’est la principale différence entre le Venezuela et des pays comme les États-Unis et le Canada, où les niveaux extrêmement bas d’EROI (TRE) pour la production ont été maintenus en grande partie grâce à des prêts massifs de plusieurs milliards de dollars — alimentant un boom énergétique qui est susceptible de prendre fin lorsque le dindon de la dette rentrera au bercail.

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Miam-miam les énergies fossiles !

En 1940 pour 1 calorie alimentaire produite par le système de l’agriculture conventionnelle il fallait 2 ou 3 calories d’énergie fossile. En 2019 il en faut entre 7 et 10…. Ce sont donc les machines et le pétrole, le charbon et le gaz qui donnent à manger à 7,5 milliards d’humains (contre 2,3 milliards en 1940). La population mondiale continue à augmenter et depuis 2006 l’approvisionnement en énergie a commencé à diminuer. Bientôt le régime pour tous.

Jancovici : CO2 ou PIB, il faut choisir – Sciences Po – 29/08/2019

« Qui n’a jamais entendu parlé de transition énergétique ? » => personne
« Qui est capable de définir l’énergie ? » => vraiment pas grand monde

=> transitionner sur un truc que l’on est pas capable de définir c’est un peu problématique (c’est le cas des décideurs politiques)
=> comment peut-on espérer trouver une solution à un problème qui est mal posé ?
=> le problème de la transition énergétique est beaucoup moins simple que l’on pourrait le penser (en lisant les journaux)

Pic pétrolier: ça se précise

« Un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie tire la sonnette d’alarme: ces dernières années les découvertes de pétrole et de gaz conventionnels ont été trois fois moins importantes qu’il y a seulement dix ans ! Alors que, de l’aveu même de l’AIE, les hydrocarbures de schiste ne peuvent pas combler de tels volumes, le monde réinvestit encore dans les combustibles fossiles… Et au diable la fièvre planétaire destructrice et la transition carbone ! En attendant le sevrage. »

« Autrement dit, après avoir allumé la bombe d’une fièvre planétaire destructrice, on fonce droit vers un monde de pénurie. Sans même le préparer. Collapse. »

« A l’instar de toxicomanes, si on ne trouve pas toutes les « doses » désirées par notre société -ce qui est en fait déjà prévisible donc- le sevrage pourra alors commencer, version peak oil, déplétion… Et cela reste cohérent avec les dates du pic pétrolier données par les experts du secteur. Mauvaise nouvelle: pour tous les drogués, notamment les pays riches, le manque ne s’annonce pas drôle du tout. Bonne nouvelle: les émissions de CO2 pourraient alors commencer à baisser… Et si, enfin, on se préparait ? »

L’article : https://dr-petrole-mr-carbone.com/pic-petrolier-ca-se-precise/

Le terminal pétrolier de Brest

STOCK BREST

Finistère : comment le carburant arrive à la pompe ?

Le carburant arrive par bateau au port de Brest puis des camions citernes alimentent les stations services.

« Le dépôt pétrolier de Brest alimente les stations essence du Finistère, de l’ouest des Côtes-d’Armor et d’une petite partie du Morbihan. »

« 120 à 140 camions y transitent chaque jour en temps normal, avec des pics d’activité le lundi et le vendredi. La capacité de stockage totale en gazole, fioul et essence est de 129 000 m3 et le dépôt sert à alimenter des stations essence du Finistère, de l’ouest des Côtes-d’Armor et d’une petite partie du Morbihan. »

https://www.letelegramme.fr/economie/carburant-trois-depots-en-bretagne-celui-de-brest-bloque-22-11-2018-12141062.php

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L’OR NOIR, LA GRANDE HISTOIRE DU PÉTROLE ! – Matthieu Auzanneau & François Ruffin

Une vidéo (52 min) qui résume assez bien notre dépendance au pétrole. Les humanistes croient à la force de l’esprit… C’est ne pas vouloir voir l’éléphant en plein milieu de la pièce : nous sommes des enfants du pétrole. Cet or noir nous avons de plus en plus de mal à en trouver… L’Histoire ? Regardez-là à travers « la lunette énergétique » et tout devient très net.

Démocratie, liberté, déplacements, douceur de vivre, rencontres, etc… tout absolument tout nous le devons au pétrole et aux énergies fossiles (charbon et gaz). Depuis 15 ans nous consommons de plus en plus d’énergie et nous avons de plus en plus de difficultés à en trouver. Le scénario à la Mad Max pour très bientôt (5 ou 10 ou 20 ans) ? Danger imminent ?

Matthieur Auzanneau est le Directeur du Shift Project (association qui travaille pour la décarbonation de l’Europe)