[Crowdfunding] Le Plan de The Shift Project

Source : Carbone4 https://www.carbone4.com/wp-content/uploads/2019/06/Publication-Carbone-4-Faire-sa-part-pouvoir-responsabilite-climat.pdf

Un français émet en moyenne 12 tonnes de GES (Gaz à Effet de Serres) en 2020. Pour respecter l’accord de Paris de 2015 (rester sous les 2 degrés d’augmentation de température) nous devons passer à 2 tonnes de GES par français d’ici 2050. Soit une diminution par 6 en 30 ans soit -4% par an.

The Shift Project via un financement participatif (crowdfunding avec un objectif 450 000 euros) proposera en août ou septembre un plan précis pour une relance économique s’inscrivant dans l’objectif des accords de Paris (COP21 –  2015) : « Plan de transformation de l’économie en faveur du climat et de la résilience. »(ce Plan se base sur la réalité physique et économique : on compte en tonnes de Gaz à Effet de Serres (GES), en Joules ou kWh pour l’énergie, en emplois puis à la fin en Euros)
La méthode qui va être échafauder s’intéresse à l’économie concrète :
pas « euros », « croissance » et « dette », mais « métiers », « tonnes », « joules » ;
pas « Combien ça coûte ? », mais « Que fait-on ? »

Pour contribuer financièrement au Plan de The Shift Project https://www.lumo-france.com/philanthropie/the-shift-project

E. Macron « Le monde d’après sera résolument écologique. Je m’y engage. »

Le monde d’après sera résolument écologique. Je m’y engage. Nous le bâtirons ensemble. Nous avons une opportunité historique de reconstruire notre économie et notre société sur de nouvelles bases, de nous réinventer, d’investir dans un avenir décarboné. » E. Macron

La réponse de Jean-Marc Jancovici sur le LinkedIn de E. Macron :

« Cher président, qu’est-il resté de « make the planet great again » ? Rien, à part l’embauche de quelques chercheurs. Qu’est-il resté de votre soutien, comme candidat, au Manifeste pour décarboner l’Europe du Shift Project (https://decarbonizeurope.org/) ? Rien, ou presque. Préserver la seule planète habitable du système solaire n’est pas une affaire de slogans, mais d’actions. Pour mettre ces dernières en route, la mère de toutes les mesures est de comprendre le problème à traiter, pour vous, pour les membres du gouvernement, et pour les membres des cabinets. Or, j’ose l’affirmer, pour le moment ni vous ni votre équipe ne comprend le problème à traiter. Vous croyez peut-être le comprendre en lisant le journal, mais si le journal remplacait les documents de fond il y a longtemps que cela se saurait 🙂 Si vous étiez sérieux, la première chose que vous imposeriez à votre gouvernement serait donc un cours (en plus disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=xgy0rW0oaFI&list=PLMDQXkItOZ4LPwWJkVQf_PWnYHfC5xGFO ), les rendant par exemple capables de répondre aux questions posées ci-dessous. Chiche ? »

1 – Pourquoi est-il normal que, dans le monde, la production économique, mesurée par le PIB, soit au premier ordre une fonction linéaire de la quantité d’énergie consommée ?

2 – Pourquoi est-il normal que, pour les combustibles fossiles, il y ait un jour – ou déjà eu – un maximum à l’approvisionnement mondial, appelé pic ?

3 – Comment évolue un surplus de CO2 atmosphérique créé aujourd’hui en cas d’arrêt des émissions ? Tirez-en deux conclusions essentielles.

4 – Citez deux processus d’amplification du réchauffement en cours liés à la dynamique interne du système terre, en précisant le mécanisme à l’œuvre

5 – Pourquoi est-il normal que l’inventaire des risques liés au changement climatique soit à jamais impossible à établir précisément ?

6 – Quelles sont les diverses manières d’économiser de l’énergie ?

7 – Pourquoi est-il normal, au regard de la physique, que l’énergie nucléaire soit une énergie à faible teneur en CO2 ?

8 – Pourquoi est-il utile de rajouter une comptabilité carbone, c’est-à-dire une comptabilité physique, en plus de la comptabilité monétaire ?

9 – Selon vous, quels sont les postes d’émission significatifs de l’usage d’Internet et des télécommunications en général ? A quelles conditions peut-on considérer que cela « dématérialise » de passer du papier à l’informatique ?

10 – Pourquoi sommes nous historiquement passés des ENR aux combustibles fossiles ?

https://www.linkedin.com/posts/emmanuelmacron_le-monde-dapr%C3%A8s-sera-r%C3%A9solument-%C3%A9cologique-activity-6674743934679314432-X6wK/

Ce questionnaire est une épreuve noté sur 20 (chaque question est notée sur 2 points) de l’École des Mines Paris Tech – Énergie et changement climatique.
Elèves de Première Année, juin 2018 Durée de l’épreuve : 2h30 https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/retournez-a-lecole/

Pourquoi le CO2 ne diminue pas davantage pendant le confinement mondial

Par Benjamin Storrow, E&E News le 24 avril 2020

La réponse se trouve dans les secteurs de l’économie qui ont été fermés et les prévisions de reprise plus tard dans l’année

Près de 4 milliards de personnes dans le monde sont confinées pour aider à endiguer la propagation du nouveau coronavirus. Compte tenu de ce nombre considérable, la diminution des gaz à effet de serre dans le monde semble presque dérisoire en comparaison.

Les prévisionnistes s’attendent à ce que les émissions diminuent de plus de 5 % en 2020, soit la plus grande réduction annuelle jamais enregistrée. Mais ce chiffre est encore inférieur à la baisse de 7,6 % qui, selon les scientifiques, sera nécessaire chaque année au cours de la prochaine décennie pour empêcher la hausse des températures mondiales de plus de 1,5 degré Celsius*.

« Si vous supposez une baisse proportionnelle du produit intérieur brut et des émissions, ce qui semble être une catastrophe économique est une réduction assez modeste des émissions par rapport à ce que nous devons faire », a déclaré Trevor Houser, qui dirige la recherche sur le climat et l’énergie au sein du groupe Rhodium, une entreprise de recherche.

Alors pourquoi les prévisions ne prévoient-elles pas une baisse plus importante du CO2 lors de l’une des pires catastrophes économiques de toute une vie ?

Les réponses se trouvent dans la manière dont les prévisions d’émissions sont élaborées, dans la manière dont notre système énergétique est structuré et dans la manière dont la pandémie provoque une chute libre économique qui diffère des récessions précédentes.

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Pourquoi le charbon a encore de beaux jours devant lui

« Coup sur coup, les mauvaises nouvelles sont tombées. Elles viennent de France, où le gouvernement vient d’annoncer sa décision de prolonger jusqu’en 2024 ou 2026 la centrale à charbon de Cordemais, contre une fermeture programmée en 2022 ; du Japon, qui mettra en service 20 gigawatts (GW, soit une vingtaine de réacteurs nucléaires) de centrales à charbon d’ici dix ans ; d’Allemagne, la vertueuse et verte Allemagne, qui veut fermer ses centrales à charbon d’ici 2038, mais laisse un gros site ouvrir, à Datteln – fâcheux quand on sait qu’une centrale à charbon fonctionne au moins 40 ans.

Le charbon, ce satané charbon responsable de 40 % des émissions de CO2 dans le secteur de l’énergie, n’a pas dit son dernier mot. On le critique, on le combat, mais il reste une énergie d’avenir parce qu’il est abondant, bon marché et offre une fourniture d’énergie « pilotable » : il suffit d’appuyer sur un bouton et la centrale à charbon, sorte de chaudière géante, se met en branle pour fournir en quelques heures de l’énergie. Dès qu’il y a besoin d’injecter rapidement de l’électricité sur le réseau, le charbon, c’est parfait. »

(publié par J-Pierre Dieterlen)

https://www.lepoint.fr/economie/pourquoi-le-charbon-a-encore-de-beaux-jours-devant-lui-08-02-2020-2361777_28.php

5G : l’Arcep donne le coup d’envoi aux expérimentations par les industriels

Non à la 5G !!!

Commentaire de Jean-Marc Jancovici : « La planète brûle (au sens premier du terme), l’insécurité alimentaire menace, les espèces s’éteignent… et que fait notre gouvernement ? Il va s’assurer que l’on puisse « faire du « sport augmenté » au Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines » et « permettre aux voyageurs de télécharger leurs films en une fraction de seconde avant même de monter dans le train ». Heureusement que nous aurons bientôt cela, on se demande comment on a pu survivre sans.
Ce « programme » nous occuperait une minute et couterait 45 centimes, il ne mériterait évidemment pas le quart d’un post ici. Mais cette « envie » va couter des (dizaines de ?) milliards, mobiliser des tas de brillantes cervelles qui ne feront pas autre chose, et contribuer à la hausse de l’empreinte carbone du numérique (
https://theshiftproject.org/lean-ict/ )
Make the planet great again ? Ou make the useless gadget great again ? « 

(publié par Joëlle Leconte)

https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/5g-larcep-donne-le-coup-denvoi-aux-experimentations-par-les-industriels-1138023

Les jeunes pour le climat pensent que les politiciens n’en font pas assez. Mais que font-ils eux-mêmes?

« L’auteur évoque très justement l’impact climatique des habitudes de consommation, liées au numérique, et particulièrement celle des « jeunes » qui se mobilisent par ailleurs contre le changement climatique. Cet impact est bien réel, mais la responsabilité individuelle du consommateur est-elle bien LE sujet ?

C’est plutôt le contraire que conclut The Shift Project dans son rapport « Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne » (2019) 👉 https://bit.ly/2XCGaBK

En effet :

– Les designs addictifs (autoplay, vidéos incrustées, etc.) sont incompatibles avec la sobriété numérique, car ils visent à maximiser la quantité de contenu consommée

– Les plateformes de diffusion (leur design, le modèle économique sous-jacent, les métriques d’adhésion, etc.) ont un rôle central dans la forme que prennent les usages, et donc leur impact environnemental

– Ainsi, les usages ne sont pas le simple résultat des comportements de consommation individuels, mais bien en grande partie le produit d’un système

– Infléchir les usages numériques nécessite donc de réglementer les mécanismes qui génèrent les usages : ni l’auto-régulation des plateformes de diffusion, ni le volontarisme des usagers ne peut suffire. » THE SHIFT PROJECT

En 2018 le visionnage de vidéos en ligne a généré plus de 300 MtCO2

« Emma Bertin met en image la surprise que suscite chez nombre d’entre nous la quantité d’énergie mobilisée pour regarder de la vidéo en HD.

10 heures de film haute définition, c’est davantage de données que l’intégralité des articles en anglais de Wikipédia en format texte ! Le rapport du Shift Project « Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne » (https://bit.ly/2XCGaBK) rappelle en effet que la vidéo est un support d’informations dense, raison pour laquelle il est très énergivore. Le visionnage de vidéos en ligne a généré en 2018 plus de 300 MtCO2, soit autant de gaz à effet de serre que l’Espagne ou près de 1% des émissions mondiales. « 

Que peut-on espérer des piles à combustible et de l’hydrogène ?

Extraits de l’article de JM Jancovici du 01/08/2006 :

« Pour commencer, la pile à combustible est une découverte vieille de plus d’un siècle : si cela était une solution miracle, il y a longtemps que nous le saurions ! Si le moteur à explosion a été industrialisé d’abord, c’est bien parce que la pile à combustible pose quelques problèmes qui ne sont pas si simples que cela à résoudre.

Or dans une pile à combustible on évite la combustion dans l’air à haute température, pour la remplacer par une réaction chimique en milieu liquide ou solide, comportant le plus souvent une catalyse (c’est-à-dire… l’emploi d’un catalyseur). Schématiquement une pile à combustible fait l’inverse d’un électrolyseur : dans une électrolyse on fait passer du courant dans une solution pour séparer des composés qui y sont dissous, alors que dans une pile on met des composés dans une solution – ou dans un électrolyte solide – et leur réaction chimique engendre du courant.

Par ailleurs une pile à combustible produit de l’électricité, donc une voiture à pile à combustible est un cas particulier de voiture électrique, avec un avantage qui est que le moteur électrique dispose d’un rendement bien supérieur à celui d’un moteur thermique. Avec 1 kWh de carburant on finira par avoir 0,2 à 0,4 kWh d’énergie mécanique à la sortie du moteur (le reste est de la chaleur perdue pour faire avancer le véhicule), alors qu’avec 1 kWh d’électricité c’est plutôt 0,5 à 0,6 kWh d’énergie mécanique que l’on obtiendra à la sortie du moteur.

Si les piles ne se sont pas développées avec ces avantages, c’est qu’elles ont par ailleurs un gros inconvénient : elles fonctionnent toutes avec de l’hydrogène, composé qui n’existe pas à l’état natif à la surface de la terre. En d’autres termes, l’hydrogène n’existe nulle part sur notre planète sous une forme directement exploitable, comme cela est le cas pour les combustibles « fossiles ».

Il faudrait donc 120 ans pour transformer le parc actuel (600 millions de voitures), et 600 ans pour y convertir un parc mondial passé à 3 milliards de véhicules, nombre qui sera atteint si le monde entier connait le même taux de motorisation que la France en l’an 2000.

Il est bien sûr possible (et même probable) qu’un autre catalyseur soit trouvé pour fabriquer une pile, mais le petit calcul ci-dessus montre simplement qu’entre un prototype de laboratoire et un objet disponible pour tout le monde, il peut y avoir des goulets d’étranglement qui ne sont pas si simples à franchir !« 

L’article complet : https://jancovici.com/transition-energetique/transports/que-peut-on-esperer-des-piles-a-combustible-et-de-l-hydrogene/

L’aviation : trou d’air climatique

« Saviez-vous qu’à l’heure actuelle, en France, les billets d’avion sont très peu taxés ? Un an après le début du mouvement des Gilets Jaunes, qui s’insurgeait contre une taxe carbone qui affecterait en premier lieu les ménages les plus pauvres, le kérosène des avions n’est lui toujours pas taxé. Une aberration quand on sait que le secteur aérien est responsable d’au moins 5% de la contribution humaine aux changements climatiques.

Le trafic aérien, qui a doublé au cours des 20 dernières années, devrait à nouveau doubler d’ici 2036. En Europe, les émissions de gaz à effet de serre de l’aérien ont augmenté de plus de 25% entre 2013 et 2018.

Pourtant, l’aviation jouit d’une fiscalité particulièrement avantageuse.
En France, “le kérosène est le seul carburant d’origine fossile dont la consommation ne supporte aucune taxe” note le Réseau Action Climat dans un rapport de 2017. A titre de comparaison, les taxes constituent environ 60% du prix d’un litre d’essence.
Les vols intérieurs se voient appliquer une TVA réduite à 10%, et un taux de… 0% pour les vols internationaux !
Enfin, le gouvernement a bien proposé une éco-taxe sur les billets d’avion, mais avec des montants de 1,5€ à 18€, elle reste très faible. »

L’article entier : https://laffairedusiecle.net/secteur-aviation-bientot-taxe-hauteur-impact-climatique/

Arrêtez de me faire peur !

« Certain(e)s reprochent aux collapsologues de faire peur au gens. Je comprends, c’est moche la peur, personne n’aime avoir peur.

Bon, alors j’ai un petit exercice :

Lisez, résumez et expliquez cet article, sans faire peur à votre interlocuteur. Vous avez 24h.

Jusqu’à + 7 °C en 2100 : les experts français du climat aggravent leurs projections sur le réchauffement

Les canicules à répétition, records de températures et autres vagues de sécheresse qui déferlent sur la planète ne sont qu’un triste avant-goût des catastrophes qui attendent l’humanité. Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 °C d’ici à la fin du siècle, entraînant des conséquences désastreuses pour les espèces et les écosystèmes. Ces résultats, qui aggravent les précédentes projections, sont publiés, mardi 17 septembre, par les plus grands laboratoires français de climatologie, engagés dans un vaste exercice de simulation du climat passé et futur.

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