Que peut-on espérer des piles à combustible et de l’hydrogène ?

Extraits de l’article de JM Jancovici du 01/08/2006 :

« Pour commencer, la pile à combustible est une découverte vieille de plus d’un siècle : si cela était une solution miracle, il y a longtemps que nous le saurions ! Si le moteur à explosion a été industrialisé d’abord, c’est bien parce que la pile à combustible pose quelques problèmes qui ne sont pas si simples que cela à résoudre.

Or dans une pile à combustible on évite la combustion dans l’air à haute température, pour la remplacer par une réaction chimique en milieu liquide ou solide, comportant le plus souvent une catalyse (c’est-à-dire… l’emploi d’un catalyseur). Schématiquement une pile à combustible fait l’inverse d’un électrolyseur : dans une électrolyse on fait passer du courant dans une solution pour séparer des composés qui y sont dissous, alors que dans une pile on met des composés dans une solution – ou dans un électrolyte solide – et leur réaction chimique engendre du courant.

Par ailleurs une pile à combustible produit de l’électricité, donc une voiture à pile à combustible est un cas particulier de voiture électrique, avec un avantage qui est que le moteur électrique dispose d’un rendement bien supérieur à celui d’un moteur thermique. Avec 1 kWh de carburant on finira par avoir 0,2 à 0,4 kWh d’énergie mécanique à la sortie du moteur (le reste est de la chaleur perdue pour faire avancer le véhicule), alors qu’avec 1 kWh d’électricité c’est plutôt 0,5 à 0,6 kWh d’énergie mécanique que l’on obtiendra à la sortie du moteur.

Si les piles ne se sont pas développées avec ces avantages, c’est qu’elles ont par ailleurs un gros inconvénient : elles fonctionnent toutes avec de l’hydrogène, composé qui n’existe pas à l’état natif à la surface de la terre. En d’autres termes, l’hydrogène n’existe nulle part sur notre planète sous une forme directement exploitable, comme cela est le cas pour les combustibles « fossiles ».

Il faudrait donc 120 ans pour transformer le parc actuel (600 millions de voitures), et 600 ans pour y convertir un parc mondial passé à 3 milliards de véhicules, nombre qui sera atteint si le monde entier connait le même taux de motorisation que la France en l’an 2000.

Il est bien sûr possible (et même probable) qu’un autre catalyseur soit trouvé pour fabriquer une pile, mais le petit calcul ci-dessus montre simplement qu’entre un prototype de laboratoire et un objet disponible pour tout le monde, il peut y avoir des goulets d’étranglement qui ne sont pas si simples à franchir !« 

L’article complet : https://jancovici.com/transition-energetique/transports/que-peut-on-esperer-des-piles-a-combustible-et-de-l-hydrogene/

L’aviation : trou d’air climatique

« Saviez-vous qu’à l’heure actuelle, en France, les billets d’avion sont très peu taxés ? Un an après le début du mouvement des Gilets Jaunes, qui s’insurgeait contre une taxe carbone qui affecterait en premier lieu les ménages les plus pauvres, le kérosène des avions n’est lui toujours pas taxé. Une aberration quand on sait que le secteur aérien est responsable d’au moins 5% de la contribution humaine aux changements climatiques.

Le trafic aérien, qui a doublé au cours des 20 dernières années, devrait à nouveau doubler d’ici 2036. En Europe, les émissions de gaz à effet de serre de l’aérien ont augmenté de plus de 25% entre 2013 et 2018.

Pourtant, l’aviation jouit d’une fiscalité particulièrement avantageuse.
En France, “le kérosène est le seul carburant d’origine fossile dont la consommation ne supporte aucune taxe” note le Réseau Action Climat dans un rapport de 2017. A titre de comparaison, les taxes constituent environ 60% du prix d’un litre d’essence.
Les vols intérieurs se voient appliquer une TVA réduite à 10%, et un taux de… 0% pour les vols internationaux !
Enfin, le gouvernement a bien proposé une éco-taxe sur les billets d’avion, mais avec des montants de 1,5€ à 18€, elle reste très faible. »

L’article entier : https://laffairedusiecle.net/secteur-aviation-bientot-taxe-hauteur-impact-climatique/

Du charbon et des hommes 2008 à 2018

Variation de la consommation de charbon entre 2008 et 2018 en Mtep par pays

Jean-Marc Jancovici : « Du charbon, les hommes en consomment globalement de plus en plus. Mais, si l’on regarde ce qui s’est passé sur les 10 dernières années, la variation est très inégalement répartie.
Le graphique ci-dessous, réalisé avec les données BP Statistical Review, donne (à gauche) les 10 plus fortes hausses sur 2008-2018, et à droite les 10 plus fortes baisses sur la même période.
Pendant que certains pays, pour l’essentiel situés en Asie, augmentaient fortement leur consommation, d’autres, essentiellement dans l’OCDE, la baissent (NB : c’est une des raisons pour lesquelles il est si facile aux financiers de dire qu’ils ne financent plus le charbon « neuf » : il n’y en a quasiment plus à financer !).
Et devinez qui a été le plus « écolo » de la bande ? Les Etats-Unis ! En fait, ce n’est pas du tout l’envie de respecter l’Accord de Paris qui a été à l’oeuvre, mais simplement que l’explosion du gaz de roche mère (shale gas) aux USA a considérablement fait baisser le prix de ce combustible, engendrant un basculement du charbon vers le gaz pour une partie de la production électrique, avec, en pareil cas, une division par 2 du contenu en CO2 d’un kWh électrique.
Mais ce succès est fragile : les USA conservent les premières réserves de charbon au monde…»

(publié par J-Pierre Dieterlen)

Pablo Servigne : « Pour éviter la catastrophe, il faut la considérer comme certaine »

Pour l’agronome et théoricien de la collapsologie, tout l’enjeu est de limiter l’impact sur les populations de ce bouleversement provoqué par le réchauffement climatique.

L’ingénieur agronome français et chercheur indépendant et transdisciplinaire Pablo Servigne, en janvier 2018 à Paris. Serge Picard / Agence VU

Interview de Pablo Servigne

« Amazonie en feu, Bahamas ravagées par le cyclone Dorian, terres épuisées, records de température au mois de juillet. Partout, les témoignages de la catastrophe climatique en cours s’accumulent, s’ajoutant aux conflits géopolitiques et à la fébrilité des marchés financiers. Les collapsologues y voient autant de signes avant-coureurs de l’effondrement à venir de notre civilisation. Une ou des catastrophes auxquelles il faut se préparer, estime l’agronome Pablo Servigne, coauteur de plusieurs livres, dont le best-seller Comment tout peut s’effondrer (Seuil, 2015). Entretien.

Le Monde : Dans les années 1980, on a annoncé l’hiver nucléaire, dans les années 2000, la fin du pétrole, et maintenant, l’apocalypse écologique et climatique. Pourquoi devrait-on vous croire lorsque vous annoncez un effondrement imminent ?

Lire la suitePablo Servigne : « Pour éviter la catastrophe, il faut la considérer comme certaine »

Miam-miam les énergies fossiles !

En 1940 pour 1 calorie alimentaire produite par le système de l’agriculture conventionnelle il fallait 2 ou 3 calories d’énergie fossile. En 2019 il en faut entre 7 et 10…. Ce sont donc les machines et le pétrole, le charbon et le gaz qui donnent à manger à 7,5 milliards d’humains (contre 2,3 milliards en 1940). La population mondiale continue à augmenter et depuis 2006 l’approvisionnement en énergie a commencé à diminuer. Bientôt le régime pour tous.

Arrêtez de me faire peur !

« Certain(e)s reprochent aux collapsologues de faire peur au gens. Je comprends, c’est moche la peur, personne n’aime avoir peur.

Bon, alors j’ai un petit exercice :

Lisez, résumez et expliquez cet article, sans faire peur à votre interlocuteur. Vous avez 24h.

Jusqu’à + 7 °C en 2100 : les experts français du climat aggravent leurs projections sur le réchauffement

Les canicules à répétition, records de températures et autres vagues de sécheresse qui déferlent sur la planète ne sont qu’un triste avant-goût des catastrophes qui attendent l’humanité. Si rien n’est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 °C d’ici à la fin du siècle, entraînant des conséquences désastreuses pour les espèces et les écosystèmes. Ces résultats, qui aggravent les précédentes projections, sont publiés, mardi 17 septembre, par les plus grands laboratoires français de climatologie, engagés dans un vaste exercice de simulation du climat passé et futur.

Lire la suiteArrêtez de me faire peur !

CO2 : la France comparée aux autres pays européens

CO2 et production électrique par pays

Equivalent gCO2 par kwh produit par pays.

Christian Semperes : «On entend qu’il faut développer les ENR en France pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et répondre aux besoins des clients de l’électricité. En Europe, la France elle celle qui émet le moins de CO2, avec la Norvège et la Suède, ça on le savait déjà. C’est celle qui en même temps produit en quantité le plus de MW décarbonés, ça on le savait aussi. C’est la France qui a l’électricité la moins cher pour le client, ça on le savait aussi, avec une haute qualité de service au public à laquelle le français est très attaché (qualité de service = sûreté du réseau et qualité de fourniture). Pour quoi veut on casser un système au service du public qui fonctionne ? Pour quoi en 2 mots, avec quelle intention plus ou moins cachée ? Pour qui ?
Le graphique donne en abscisse l’énergie électrique produite et en ordonnée, le CO2 émis par KWh d’énergie produite.»

source du graphique : Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité, entso-e
https://www.entsoe.eu

(publié par J-Pierre Dieterlen)

Jancovici : CO2 ou PIB, il faut choisir – Sciences Po – 29/08/2019

« Qui n’a jamais entendu parlé de transition énergétique ? » => personne
« Qui est capable de définir l’énergie ? » => vraiment pas grand monde

=> transitionner sur un truc que l’on est pas capable de définir c’est un peu problématique (c’est le cas des décideurs politiques)
=> comment peut-on espérer trouver une solution à un problème qui est mal posé ?
=> le problème de la transition énergétique est beaucoup moins simple que l’on pourrait le penser (en lisant les journaux)

Pourquoi la gestion d’un réseau électrique ne peut pas dépasser un certain seuil de production d’ENR, à qualité de fourniture égale ?

Sur ces pages LinkedIn, nous avons récemment lu le post d’un conseiller en politique publique de transition énergétique faire la promotion d’un mix de production à 100% ENR pour bientôt. C’est en effet alléchant ! « C’est vrai quoi ! Exploiter des centrales nucléaires, ça sert uniquement le lobby ! » Raisonnement simple, conforme à la doxa, donc efficace pour le DOGME. (doxa : ensemble de préjugés populaires sur lesquels se fondent la communication et particulièrement la désinformation et la propagande. La doxa est l’instrument de l’idéologie.)

Cet article fait suite à l’analyse des causes du black-out du 9 Août 2019 en Grande Bretagne (sud de l’Angleterre et Pays de Galles). Sauf informations nouvelles, il montre qu’avec 44% d’ENR couplées au réseau, au moindre événement sur le réseau, la perte de seulement 1430MW, les seuls moyens conventionnels et modulables, restés en service, n’ont pu éviter le black-out. C’est à dire une coupure d’électricité, due à un défaut de qualité de service dont le maintien est la première mission du gestionnaire de réseau. Pour comprendre ce qu’il s’est passé, il faut connaître le fonctionnement et les modalités de gestion du système électrique. C’est l’objectif de cet article. Il se veut pédagogique, les experts y trouveront des manques et des approximations, c’est normal, l’article se veut accessible aux non-initiés.
Aucun texte alternatif pour cette image

Un réseau électrique, c’est quoi ? Un réseau électrique ne fonctionne pas comme un réseau d’eau potable. Il ne suffit pas de mettre un bidon avec de l’eau dedans, des pompes et ça marche. Et puis si une pompe tombe en panne, peu importe si la pression d’eau baisse, j’ai toujours un peu d’eau pour prendre ma douche. Et bien non ! Pour une raison simple. Pour fonctionner, tout appareil ou machine électrique a besoin d’être alimenté dans le respect de 2 grandeurs fondamentales : la fréquence et la tension. La fréquence d’abord, parce depuis Nikola Tesla à la fin du XIXème siècle, c’est le courant alternatif, avec sa fréquence, qui a été choisi. La seconde grandeur est la tension, c’est l’équivalent de la pression pour un réseau d’eau. Ces 2 valeurs sont fortement perturbées par les variations de la consommation, un peu comme le réseau d’eau. Plus il y a de personnes qui se douchent en même temps plus la pression du réseau a tendance à baisser, ça se comprend.

L’article complet :

https://www.linkedin.com/pulse/pourquoi-la-gestion-dun-r%C3%A9seau-%C3%A9lectrique-ne-peut-pas-semperes/